Ça y est, j’ai le malaxeur ! Le boulanger va pouvoir reprendre son activité. Le pain ne manquera plus, et les biscottes n’accompagneront plus les repas.
J’ai récupéré la pale. Elle n’est pas en plastique, mais en acier recouvert de… peinture ? De… téflon ? Peu importe, je surveillerai son état, et j’en changerai tous les 6 mois pour ne pas retomber dans cette inactivité forcée.
Je la déballe donc avec la fébrilité d’un gamin qui ouvre un cadeau… et j’ai un doute sur l’ouverture où l’axe de la machine viendra se loger. Je la trouve un peu large.
Je saisis la pale et la pose dans la machine à pain: le malaxeur estampillé Delonghi tourne librement autour de l’axe, qui ne pourra donc pas l’entraîner quand la machine sera mise en route.
Allez, vous y avez cru à ce nouvel épisode des avatars du boulanger ? Franchement ?
Eh si ! Il s’agit bien de « La machine à pain se rebiffe III »
Bravo Conforama ! Bravo Delonghi ! On repart à zéro. La fièvre monte. Ça sent le crash, la colère, le scandale, la révolution. Dans la tête du boulanger, tout s’embrouille: la petite dame qui ne sourit jamais est fortuitement écrasée par son bureau, sa collègue se met à brailler; la pale s’encastre parfaitement dans son front. Le magasinier arrivé en courant dérape et se fait écraser par son chariot. C’est la débandade des clients qui fuient cette enseigne de ploucs, d’incapables. Et le service des emportés clients (ça s’appelle comme ça, c’est donc qu’il y a de quoi s’énerver) est brusquement soufflé et s’écoule dans un amas de poussières et de pales tordues, tandis que le magasin d’exposition s’enflamme d’un coup, provoquant l’exode de centaines de machines à pains qui se dispersent dans la zone commerciale.
Et le boulanger, après tout ça ? Il a repris son self-control. Il sait que la petite dame au sourire enjôleur lui dira que ce n’est pas sa faute, qu’il faut recommander une pale, qu’il faut attendre et qu’elle n’y peut rien.