Adieu, chiropracteur.
Je ne patienterai plus dans votre salle d’atttente vide de lectures.
Las de dépenser sans que les résultats soient durables, j’ai décidé d’aller voir ailleurs.
Les dernières séances m’avaient apporté un soulagement, mais éphémère.
Séances où les manipulations ont été remplacées par une chasse à l'homme dont je suis miraculeusement sortie indemne:
Le professionnel en blouse blanche presse les cervicales (les miennes, bien sûr), semble les compter, les ausculter; tenterait-il de m'étrangler ? il saisit alors une sorte de pistolet (un activateur, pour les amateurs de S/F) et me tire 3 balles dans la nuque. Même pas mort ! Il recommence, un peu plus haut. Ça fait mal, mais toujours vivant!
Du coup, certainement dépité, il vise le dos, et décharge son arme dans mes reins. La douleur vrille mes lombaires mais elles ne flanchent pas, aucune goutte de sang ne souille mon maillot.
Oui, j’ai gardé mon maillot, mon pantalon, mes chaussettes. Risqué… car ses chevrotines auraient pu les trouer.
Comment faire confiance à un tueur si maladroit ? Il parait pourtant minutieux, ne laissant aucune trace du passage de ses victimes: ses fiches remplies mi-français-mi-anglais (pour tromper l’enquêteur éventuel) sont confiées au patient qui doit les rapporter à la séance suivante, et l’argent est versé uniquement en espèces.
D’après sa documentation, 3 séances suffisent. Mais le malfrat a changé la donne: « 60 ans pour faire un squelette bancal... il en faut autant pour le redresser ». Donc, chez lui j’ai pris perpète ! De là à me flinguer comme un cochon dans un abattoir, le pas a été vite franchi.
Adieu, chiropracteur.