Ils sont partout. Les journaux en ont longuement parlé. Ils bloquent tout ! Partout ! Même au camping !
Un groupe de CGT discute des nuages chassés par le mistral, leur voiture au milieu de l’allée principale. Aucune caravane ne peut plus passer. Heureusement, personne ne veut sortir. Quelques CGT irréductibles bloquent les éviers en lavant leur vaisselle. Certains occupent même les toilettes et les douches. J’ai eu la chance d’en trouver une qui était libre.
Et Vals ne cède pas…
Hier matin, les gars de la CGT hollandaise nous ont coupé l’électricité. Pas de café, pas de lait chaud. Les syndicalistes avaient branché deux prises sur une seule borne, attendant que la pluie fasse tout disjoncter. Et ça n’a pas manqué… Au bout d’une nuit de pluie constante, le matériel était rempli d’eau, notre frigo et la glacière sans un souffle.
Hier après-midi, les CGT ont envahi les pentes du Mont Ventoux avec leurs vélos. Rien ne les a arrêtés, ni les trombes d’eau ni l’orage qui a menacé de les cramer sur place. Le mot d’ordre « Tous au Mont Ventoux », clamé dès 6 h 30 par une sono puissante qui m’a réveillé, a été fortement suivi.
Ce fut une belle pagaille sur les routes sinueuses, où il fallait sans cesse ralentir pour laisser le passage aux usagers venant en face, la visibilité encore réduite par les essuie-glaces à vitesse maximum. Un peu pénible aussi cette police avec ses canons à eau qui arrosent sans discernement manifestants et résidents ! Si les policiers sont demeurés invisibles, la flotte était bien réelle…
Pour faire le plein de gasoil, j’ai dû attendre que le CGT me précédant ait achevé son opération, et c’était pareil aux autres pompes. Des manifestants partout.
Heureusement, j’ai l’œil et je repère facilement les CGT, même s’ils ne portent ni badge, ni casquette rouge, ni banderoles. Mais je n’ai pas encore réussi à les éviter.