À notre arrivée, le sable gris des Saintes Maries de la Mer est déjà orné de parasols plantés sans aucun alignement. Soucieux de mon installation, j’observe le drapeau du poste de secours pour connaitre la direction du vent, et j’enfonce profondément dans le sable la partie piquet, en faisant de petits cercles face au vent de terre.
Je suis toujours aussi satisfait de mon parasol, acheté lors d’un séjour en Espagne. Et je crois encore que si les estivants ne se sentent pas forcément ridicules avec leurs petits torchons sur baleines en fil de fer, ils observent jalousement mon acquisition dépouillée de ces publicités pour des sodas qui donnent à leurs propriétaires une pépie inextinguible.
Nous éparpillons nos serviettes autour du parasol, avant de goûter la fraîcheur de l’eau puis d’attaquer goulûment notre pique-nique à l’ombre de notre toile vert anis.
Quelques baignades plus tard, j’entreprends une petite sieste, vite interrompue par un type un peu plus bronzé que moi (légèrement plus, mais plus quand même, ce qui est un peu louche). Le gars avait bien repéré mon parasol, puisqu’il me demande humblement comment j’ai fait pour le planter aussi solidement.
Assurément, il avait vu le Miko glacé s’éjecter de son mât pour venir crever comme une méduse sur le sable brûlant, après un court envol, frôlant quelques familles impassibles.
Je lui ai donc expliqué comment planter solidement un parasol, vérifiant au passage son installation. Inutile de préciser que j’ai fait cela le plus discrètement possible, la notoriété de la plage n’étant surtout pas recherchée.
Voyant déjà des parasols se refermer, j’ai compris que tous les estivants allaient venir me demander conseil. Alors, profitant qu’il était l’heure de plier bagage, nous avons remballé nos affaires.
Nous allons laisser passer l’été et nous reviendrons en septembre, pour éviter le rush des vacanciers… et limiter les risques d’être reconnus [ ;)].