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cinéma

Belmondo, un grand acteur.

C’est quoi, un grand acteur ? Une personne capable de jouer dans des registres très différents. Ainsi Bourvil est-il pour moi LE maître. Dans "La Grande Vadrouille", "Le Corniaud" il est un être simple, avec un physique ingrat. Mais dans "Le Cercle Rouge", le policier sûr de lui gomme ce physique. Sa voix s’adapte également aux rôles. Catherine Frot elle aussi a ces capacité de caméléon. D’une épouse un peu simplette dans « Un air de famille », elle devient une horrible maman dans « Vipère au poing » en passant par une "attachante" pot de colle dans « Les Sœurs fâchées ».

Histoire de n’en étriller qu’un, Gabin n’est capable de n’être qu’un moule transférable dans diverses peaux, du malfrat au policier, du patriarche au vieillard amoureux de son chat… toujours le même bonhomme, toujours le même ton, les mêmes mimiques. Et c’est sûrement cela, son talent.
Ainsi, pour faire partie des plus grands faut-il non seulement avoir du talent, mais être un Maître, un acteur capable de se transcender pour être un personnage nouveau à chaque rôle, en sorte que dès les premières images on oublie ses dernières interprétations.

Mais je ne suis pas un cinéphile, seulement un spectateur. Je n’ai pas le recul, le détachement nécessaire pour analyser trame du film, jeu des acteurs, plans, musique, décors… Je me laisse bercer, enfermer dans le film, et ce sont mes sentiments plus que la raison qui s’expriment à la sortie.

Un amateur, je vous dis !
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D
Incursion cinéphilique intéressante. Si je peux me permettre, j'apporterais quelques "corrections" toutes personnelles sur cette analyse.Bourvil était indiscutablement un immense comédien mais pas un grand acteur selon ta propre définition ("un acteur capable de se transcender pour un être un personnage nouveau à chaque rôle") car mise à part l'exception Cercle rouge dans lequel il n'était pas si sûr de lui que cela bien qu'épatant, il s'est cantonné au registre burlesque du benêt presque toute sa carrière.Concernant Gabin, son talent est loué comme tu le dis pour sa prestance à l'image, sa bougonnerie et sa faconde si facile avec les dialogues d'Audiard sur la langue. Mais pas seulement. Souviens-toi de Quai des brumes, Le jour se lève ou encore Gueule d'amour, des films dans lesquels il jouait le coeur solitaire, romantique ou égaré à merveille. Gabin avait ce génie de pouvoir jouer des rôles caractéristiques à chaque âge d'une vie. Quel rapport entre le lover de Quai des brumes et le patriarche implacable de La horse? Aucun. C'était donc un très très grand.Mais en conclusion je ne citerai qu'un seul nom, car s'il ne doit en rester qu'un, le plus éloquent, ce serait MARLON BRANDO, qui a tout joué. Violent dans Un tramway nommé désir, face à sa conscience dans Sur les quais, farouchement vengeur dans La vengeance aux deux visages, seul représentant de l'ordre face à la foule lapidaire dans La poursuite impitoyable, Jules César dans Jules César, exceptionnel en officier SS qui découvre la réalité du nazisme dans Le bal des maudits, sublime chef de la pègre dans Le Parrain, étrange colonel en perdition dans Apocalypse now. C'est pas assez? Je pense que si. Tiens, ça me donne comme une impérieuse envie de revoir tous ses films.Bisous.
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